"L'écriture est une chose et le savoir en est une autre. L'écriture est la photographie du savoir, mais elle n'est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l'homme; héritage de ce qui lui a été transmis. La parole EST l'homme. Le verbe est créateur. Il maintient l'homme dans sa nature propre". Amadou Hampâté Bâ

lundi 6 août 2007

Back to Ansongo!

Il est temps que je reprenne l’écriture sur ce blog. Que ce mois en Belgique est vite passé ! Quelques jours pour reprendre mes repères et me réhabituer à l’effervecence de speed, de monde, de tirage de geule et d’écrasement de pieds dans les transport de la STIB. Zaventem. Ma foutue boule de stress revient. Je l’avais oubliée celle-là. Pour aider à ma réinsertion dans cette vie bruxelloise, un rdv le lundi avec Jean. Premier jour des soldes, en haut de la rue Neuve. Faut vraiment être tapé pour se donner un tel rdv après 7 mois passés dans mon village perdu au fin fond du Mali.
Bref, il m’a fallu quelques jours pour me « réadapter » et savourer tous ces moments passés avec vous (famille, amis, tout le monde se reconnaîtra). Merci à tous!!!
C’est donc les batteries rechargées à bloc et ma valise pleine à craquer de bouffe et de cadeaux que je repartais au Mali samedi dernier. Adieux sans pleurs à Zaventem. Merci à poussin et à mes 2 chouchous de m’avoir accompagnée.
Les 2 vols Royal air Maroc (escale rapide à Casa) se passent sans problème. Arrivée à 3h à Bamako. Un chauffeur de la CTB devait venir me chercher. Personne de chez personne. Sylvie et Sophie, les 2 volontaires de Koulikoro, ont eu la même blague que moi. Après quelques coups de fil qui n’aboutissent qu’à des répondeurs, je me décide à enfin craquer pour un type qui me harcèle depuis 1 h pour me proposer ses services de « taxi ». Course à peine marchandée. Je suis morte. A l’hôtel, j’arrive à faire baisser le prix de la chambre. Je ne compte y rester que quelques h avant de m’avaler encore une fois les 1200km vers Gao. Sommeil lourd.
10h. Taxi pour la gare routière. Des types se mettent à s’accrocher au taxi en courant. Ils crient en nous frayant un passage dans cette foule agglutinée aux abords des bus de tout type : déglingués ou complètement déglingués. Ils indiquent le chemin de la société de bus que je veux prendre (la STV) au taximan en espérant un petit 100F à l’arrivée. On ressort de la gare. « C’est plus loin ». Un type se met à faire son petit marathon devant nous pour nous amener fièrement à mon bus.
Discute agréable qui tue mes 2h d’attente avec un toucouleur guide dans le pays Dogon qui me propose ses services (évidemment) si je décide un jour d’y faire un petit trek. Echange d’adresses e-mail (on ne sait jamais… hein Juan?) Quand il se rend compte que je parle un peu arabe, ils sont à 4-5 à venir me causer. Je prends un autre intérêt que celui de la simple toubab. Je m’en amuse à chaque fois. Je perturbe leur classification. Du coup je me retrouve dans le bus avec un arabe de Mauritanie et un Libyen (le libyen est très proche du tunisien) qui seront aux petits soins avec moi. A chaque arrêt, je reçois à boire, à manger et une conversation qui me rend toute nostalgique de mon enfance tunisienne. La route est magnifique. Mon cœur se gonfle à la vue qui s’offre à moi. La saison des pluies est bien entamée. Les paysages secs et jaunes laissent place à une végétation florissante. Des petites marres sont omniprésentes le long de la route. Enfin, le règne de la verdure. Paysage canyonesques du côté de Douentza. La main de Fatma sous un ciel étoilé, la lune juchée entre 2 doigts. Hombori au petit matin. Je somnole vautrée sur mes 2 sièges. Arrivée à Gao à 8h. Une voiture du PADH vient me chercher à la gare. Route Gao-Ansongo. Les travaux de la Satom sont presque finis sur ce tronçon. Du vert, du vert et encore du vert. C’est incroyable comme tout a changé en 1 mois. Je retrouve tous mes petits collègues avec beaucoup d’émotion. Puis Hans tout sourire.
Arrivée chez moi pour quelques heures de sommeil avant d’attaquer le boulot l’aprem. Je retrouve mon salon envahit de gravats tombés du plafond. La pluie a ses bienfaits, mais le banco n’y a pas résisté…Carmelo me promet qu’ils ont colmaté les brèches en mon absence. Je retrouve aussi mon circuit électrique qui avait « grillé » 2 jours avant mon départ pour Bruxelles. Puis ma « douche » qui ne marche plus… m’en fouuuuuuu. Je vais m’écrouler sur mon lit, en me disant qu’il fait vachement plus « frais » qu’avant. Mon thermomètre m’indique qu’il ne fait que 30 degrés. Les mois de fournaises sont enfin finis !
Semaine tranquille au boulot. On a programmé ce qu’il reste à faire avant mon départ en octobre. Sidibé a enfin annoncé son départ le 1er septembre à Hans (ça faisait déjà un petit temps que j’étais au courant). Il a reçu une meilleure offre de la part de LVIA à Gao. Et oui…Marco me l’a piqué…mais bon c’est moi qui lui avais recommandé. Puis il gagnera 3 fois son salaire actuel et un contrat sûr de 2ans avec des belles perspectives d’avenir…
Hans et Sidibé sont tous les 2 partis en congé. Sidibé reviendra les 2 dernières semaines d’août et Hans le 7 septembre. Autant dire que je serais vachement seule pour la fin de ma mission à Ansongo. Mais bon, le boulot ne manque pas !
Week-end à Ansongo. Circuit électrique réparé (ce serait la foudre qui a fait sauter des fils, j’ai pas bien compris mais ça remarche c’est l’essentiel ;)), j’ai réussi à dealer 5h d’élec par jour ce week-end histoire de recharger un peu mon portable. Douche réparée et week-end de nettoyage intensif, me sens enfin tout bien chez moi !

2 commentaires:

sidi a dit…

Bonjour Farah,

Depuis peu, j'ai découvert quelques blogs de la CTB...
D'origine africaine et vivant actuellement en Belgique, àchaque visite de ces blogs je me (ré)impregne des réalités africaines...
En visitant ton blog, j'ai vu que tu référencais quelques musiciens et musiques du Mali. As-tu pu les écouter? Quelles sont tes préférences?

Sidi

Farah a dit…

Bonjour Sidi,

Tout d'abord je suis un peu curieuse... de quel pays est-tu originaire?
Ensuite les ouvrages et les musiciens que j'ai mis en référence sont des coups de coeur que j'ai eu ici au Mali.
Au niveau musical, le plus grand va à Ali Farka Touré. Dès que je l'ai entendu j'ai vraiment accroché. Sinon, son fils aussi vaut le détour (Vieux Farka Touré).
Dans la région où je travaille on entend beaucoup Baba Salah qui chante du Takamba. La danse Takamba est vraiment très belle à voir, tout en grâce et en légerté.
Puis aussi les incontournables Salif Keita et Amadou et Mariam que je connaissais déjà avt de venir.
Dans un autre style (reggae)un petit Tiken Jah Fakoly n'est pas pour me déplaire.
Bref tu l'as compris...c'est dur de te faire une liste de mes préférences.
Chaque ethnie (et ici, il y en a en pagaille!)a sa culture, ses coutumes, ses musiques...
Cette richesse fait qu'on se sent bien ici. C'est comme s'il y avait une multitude de Mali différents ...