"L'écriture est une chose et le savoir en est une autre. L'écriture est la photographie du savoir, mais elle n'est pas le savoir lui-même. Le savoir est une lumière qui est en l'homme; héritage de ce qui lui a été transmis. La parole EST l'homme. Le verbe est créateur. Il maintient l'homme dans sa nature propre". Amadou Hampâté Bâ

jeudi 18 octobre 2007

Bamako...This is the end...

Fin du voyage. Nous voila à Bamako. C’est un peu chez moi aussi. J’ai le cœur qui se gonfle quand on se retrouve dans Badalabougou. Petit pélérinage avec Jean.

En vrac : Représentation de la CTB, Sandwiche poulet chez Amandine, la maison des artisans et son oppression qui nous fait fuir (on y retournera le lendemain, un peu plus en forme), le coca bien frais au Relax dans le quartier de l’hippodrome, la rue du blabla, le bar en face de la Terasse où on a finit par boire notre repas.

On loge à la case de passage des Volontaire Français. Julien est encore à Bamako jusque jeudi, Baptiste aussi. Malheureusement, juste le temps de manger le mercredi midi avec eux et d’autres VP au Bafing. Aprem à l’artisanat à marchander sur chaque objet.
Le soir, petite bière chez mon Resprep. Ca fait tout bizarre de faire mes adieux à Paul. Je sens de plus en plus le stress du départ. Juste le temps de se faire un dernier revival chez Amandine et ma traditionnelle salade nicoise éclatée en 5min parceque pas le temps et qu’il faut récupérer les valises, aller à la case pour bien organiser le poids des bagages (merci Jean pour tes 25 kilos en plus ;)) et filer en taxi jusqu’à l’aéroport.

Voyage en étant claqués…mes oreilles bouchées et une crève carabinée…sans parler de l’aéroport sur climatisé de Tripoli où on a grelotté pendant 3 h … (je sais faut être tapé pour rentrer au mois d’octobre en Belgique en petit T-shirt…)
En tout cas, ces quelques jours de vacances m’ont fait un bien fou et je pense que pour une première en Afrique, Jean n'a pas été déçu ;)

Ségou


Pas grand-chose à en dire. Juste eu le temps de passer la nuit chez la sœur de Sidibé.
Discussion le soir avec son mari sur la politique malienne, les problèmes entre « sudistes » et « nordistes ». Je suis contente que Jean puisse voir le genre de préjugés que je me suis prise dans la gueule pendant toute cette année sur les touaregs. Je vous passe les détails…c’est vraiment pas intéressant.
Enfin, je ressens quand même à chaque fois un gros malaise. M’étonnerait pas qu’il y aie un gros clash d’ici quelques années dans la région.

Djenné

On ne traîne pas trop sur Mopti. Après avoir lu mes petits guides sur le Mali, j’étais déjà surexcitée à l’idée d’aller à Djenné.

Ruelles sales. Opression. Quel est ton nom ? My name is Bab. Tou-Bab. Ce n’est pas encore la saison touristique. On fait très tache. On se rend vite compte que la ballade dans le dédale des rues de la ville sera difficile sans guide.

On se retrouve dans une gargotte pour se prendre un café réparateur et souffler un peu au calme. Un jeune qui nous avait déjà abordé la vieille à notre arrivé nous y rejoint comme par hasard. On finit par accepter de l’embaucher pour faire le tour en quelques heures. Un peu plus tard un autre guide vient nous hurler dessus en nous disant que le notre n’est pas officiel.
Moments pénibles avec ce guide officiel désagréable et violent qui nous suit partout. J’en peux plus. A 2 doigts de craquer, mais je garde mon calme. Marre de ce Mali doux et violent à la fois.

On continue avec notre gentil « faux » guide. Quelques ruelles plus loin, l’autre débarque pour lui mettre une convocation de la gendarmerie en poche. Il faut savoir que le tourisme est réglementé au Mali et que notre ami faisait quelque chose d’illégal. Comment lui en vouloir ? Ici, on se lève pour sa survie, on cherche l’argent du condiment de la journée pour sa famille.
On l’accompagne à la gendarmerie histoire d’arranger les choses…même pas le temps d’ouvrir la bouche qu’on le jette au cachot. Pas moyen de discuter…Traumatisés, on se pose à la terrasse de l’hôtel où on a décidé de déménager pour cette nuit (le gérant de l’autre : « chez Baba » n’était pas des plus accueillant).
On se prend, une chambre pour pouvoir dormir plus longtemps le lendemain. Sur le toit, on vit au rythme du soleil…et ici il se lève trèèès tôt !
Fin de journée plus agréable. Notre guide est sorti de prison. On achète plein de bogolan chez « Tanti, la reine du bogolan ». Promenades.



Le soir Yassa au poulet et chopines. Rokia Traoré et sa douce voix nous fais passer un de ces moments privilégiés comme je les adore. Perdue dans mes pensées la tête dans le milliard d’étoiles au-dessus de nous.
Lendemain matin. Réveil tôt. Notre réveil interne est bloqué à 6h, puis la planche de Fakir qui fait office de sommier c’est pas le mieux pour la grasse mat’.
Tour au marché. C’est le grand jour à Djenné. On y vend de tout ! Fringues, bouffe, électro, pneus, bourgou pour les animaux, charbon,…


Bus pour Ségou. On ne sait jamais quand ils partent ni combien de temps ils prennent. Il faut attendre que ça se remplisse, puis après on est à la merci des aléas de la « route ».

Mopti ou la Venise malienne


Après ces 3 jours de marche, on est mort. La pause à Mopti tombe à point. On s’organise un petit tour en pirogue pour le lendemain matin. Ca fait cliché, mais rien à foutre. Le « Y a pas de problème », on s’offre pour le prix d’une nuit sur le toit le confort d’avoir un hôtel avec piscine et bar fort confortables.
Quelques photos sur le Bani (affluent du Niger) et de 2 villages (Bozo et Peul) que nous avons visités.


La saison des pluies venant juste de finir, le niveau de l’eau est élevé. En saison sèche, l’eau se retire et laisse une grande superficie de pâturage à découvert. C’est pour cette raison qu’on retrouve un village peul perdu sur un petit îlot.

3 jours en pays Dogon

Le matin réveil tôt, empaquetage de notre sac qu’on se relayera à porter (enfin..presque ;)). Notre guide a l’air de meilleure humeur que la veille. Nous devons rejoindre Bandiagara en bâché (transport collectif), en attendant qu’il se remplisse on se prend le petit déj à l’autogare. Sandwiche omelette et nescafé pour caler l’estomac.
Une h d’attente et on est prêt à partir. Sur la route, un pont a été détruit par une crue. Un détour nous permet de traverser là où le niveau de l’eau est plus bas. Tout le monde descend, histoire que le bus ait moins de chance de s’ensabler… et qu’on puisse se faire un bon petit bain de pieds.
Arrivée à Bandiagara. Différences d’architecture avec le Nord, beaucoup de constructions en pierres taillées.

Attente à l’ombre d’un arbre que le véhicule que notre guide devait réserver pour aller à Sangha n’arrive. Le jour du marché, il paraît qu’il y en a en pagaille…malheureusement ce n’est pas le cas. Je reste zen. Après tout c’est comme ça ici. Attendre comme toujours que les choses finissent par s’arranger parce que bien sûr, il n’y a pas de problèmes.

Enfin embarqués, la piste défoncée nous permet d’apprécier à vitesse réduite la beauté du paysage. Ici, c’est un autre visage du Mali. Le nord est aride et plat, ici tout est en relief et en couleurs. En contrastes. On sent le désir des gens d’embellir les choses. Les petits villages ont beaucoup plus de charme que ceux fait en grossières briques de banco.
La piste en lacet fini par nous amener à Sangha, départ de notre trek.
Je me rend compte que je pourrais écrire des pages sur ce que nous avons vécu là-bas. Mais je serais loin de la réalité. Je vous mets quand même quelques photos qui parlent d’elles mêmes.









Et un extrait de mes notes du voyage : « Arrivée à Ireli après avoir traversé des champs de mil et de sorgho. C’est le jour du marché. Petite place animée. Des couleurs, des odeurs. Beaucoup boivent la bière de mil. Les bouchers ont leurs petits étals avec leur tas à 500 devant eux. Un amas de mouches grouille dessus. Les gosses nous prennent la main. Donne-moi le bidon, donne-moi le bic, donne-moi les bonbons, donne-moi… Envie d’étriper le premier toubab qui a donné le bidon, le bic, le bonbon… et ça m’arrache le cœur, me retourne l’estomac de les voir tous plus poussiéreux les uns que les autres, mais céder ne fera qu’encourager ça…Je suis devenue froide »

C’est une bulle au Mali, un monde à part qui a su garder ses rites et ses croyances ancestrales malgré la pression de la modernité. Si vous avez l’occase allez y et pas qu’un peu…au moins une semaine. Avec un bon guide vous en prendrez plein les yeux et plein les oreilles.
Retour vers Sévaré puis Mopti entrecoupé d’attentes pour cause de pneu crevé, d’embourbement ou encore de panne sèche du véhicule…enfin c le quotidien malien ça ;)

En route pour Bamako

Mardi. Le grand départ. Réveil à 5h du mat’ pour pas changer. Derniers adieux à Gao et nous voilà dans notre bus Binke vers notre première étape : Sévaré. La route est magnifique.

Décor farwestien. Un bus fraîchement accidenté sur le bas côté juste histoire de nous rappeler que la magie des choses ne tient qu’à un fil.

Premier stop, nous sommes les seuls toubabs…et l’oppression des vendeurs d’artisanant est concentrée sur nous.
Sévarée. Dodo au Via-via à côté de l’autogare. On s’est directement fait accoster par un guide pour le pays Dogon. Discussions de 2h pour marchander les tarifs pour 3 jours de trek là bas…
Epuisée de devoir tout discuter. Nuit à la belle étoile sur le toit de l’hôtel. Ce trip on le fera au moins cher possible, de toute façon faut être fou pour vouloir dormir dans une chambre !

Retour sur mon retour...

Jeudi 27 septembre m’a trouvé à Gao. Anniversaire de Lénaïgue. C’était l’occasion de goûter une de ses chèvres, encore une fois c’est un régal !
Jean devait arriver le lendemain vers 8-9h…pour finir c’était plutôt 5h du mat’…autant dire que je n’ai pas beaucoup dormi avant d’aller bosser, mais j’étais tellement contente de le voir !
Dernier week-end à Gao. Derniers moments avec la petite bande d’expats. Vendredi, premiers contacts de Jean avec Gao. Je m’amuse de le voir sortir son appareil photo toutes les 20 sec. Repas à l’annexe. Courses à la maison des artisans. Dur dur de pas craquer face aux incessants « donne moi ton prix ». On s’en sort pas trop mal.
Petit volley le soir au stade avec 2 équipes de manchots ;). La traditionnelle bière post volley et pré douche au Koukia. Le soir, Sidibé nous prépare un bon petit ragoût de mouton. J’ai encore mes petits repères bousculés de voir Jean dans mon monde malien. Il s’adapte bien, en tout cas ;) Plus tard, verre à l’Amitié. Ca fait longtemps que je n’y suis pas allée. Envie de me faire un petit pèlerinage, retrouver des sensations des supers moments vécus là. Soirée calme mais qui tombe à pic. Je suis morte de fatigue. Dodo à la belle étoile.
Samedi, courses pour ma fiesta de départ. Ce sera chez les VP. Petit tour au tombeau des Askia histoire de faire un peu les touristes. Visite éclair les pieds nus à escalader le banco brûlant du tombeau. Je ne tiens pas plus de 2 sec pour admirer la vue. Trop les pieds en feu !

Fin d’aprem. Foot avec toute la petite troupe. Avec un Jean digne d’un Berrewaerts si vous voyez ce que je veux dire ;) Il en a fait voir de toutes les couleurs aux cubains et autres italiens.
Le soir. C’est le grand soir. La grosse soirée d’adieu. Au menu, méchoui, couscous, gâteaux, des casiers de bières en pagaille, du rhum negrita à 4000 et une trentaine d’invités. Petits stress de coupures de courant en début de soirée mais tout finit par rentrer dans l’ordre. J’me sens toute pleine d’un grand je sais pas trop quoi. Cette parenthèse qui se ferme tout doucement. Cette expérience incroyable. Ces gens. Ces rencontres. Tout cela se termine. Il va falloir passer à autre chose. Je ne trouve pas trop mes mots dans mon discours que Marco et Kurt m’obligent à faire. J’ai envie de prendre tout l’monde dans mes bras. Je sais très bien qu’on finira par se perdre de vue, mais ils ont tous fait partie de ma vie pendant ces 10 mois. Passés trop vite. En tout cas, la fête fut parfaite.

Une des meilleures ;)
Je vous passe le lendemain de la vieille. Juste une image, celle de Jean visiblement ayant abusé du rhum, vautré sur le carrelage dans la fraîcheur climatisée du bureau de Sidibé ;).
Lundi. Dernier jour au bureau. Adieux le soir avec mes collègues. A la malienne, le repas finit tout le monde s’en va…Emotions...J’ai la gorge un peu serrée…fini le PADH pour moi. Et une bonne petite semaine de tourisme avec Jean en remontant vers Bamako pour prendre notre vol pour Bruxelles le mercredi suivant.

mercredi 17 octobre 2007

I'm back!

Déjà un petit temps que je délaisse ce blog et pour cause ! En plein boulot-bouclage-départ-vacances-retour en Belgique, difficile pour moi de trouver du temps pour coucher mes pensées maliennes sur la toile.
Me voilà en attente à Bruxelles (avec mon numéro de tél belge opérationnel pour ceux qui veulent me voir) et donc tout le temps pour le faire maintenant. Et oui, le PADH, Ansongo, Gao… c’est fini pour moi et j’espère d’ici quelques semaines pouvoir repartir avec le SVCD sur un autre projet. Inchallah’.
Au prochain épisode quelques post sur la fin de mon séjour, l’arrivée de Jean, notre super trip Gao-Bamako et le retour dans la grisaille et la fraîcheur bruxelloise !

dimanche 23 septembre 2007

Pourquoi n'y a-t-il que 24h dans une journée?

Dans le cadre du boulot, nous voulions trouver une solution au problème de traitement de l’eau à boire. Ce n’est pas parce que l’eau puisée est saine qu’elle le sera une fois consommée. Les risques de contamination sont énormes tout au long du parcours puisage-transport-stockage.
En faisant des recherches sur Internet, j’ai trouvé une méthode de traitement solaire de l’eau. L’avantage par rapport à la javellisation : pas de mauvais goût et c’est gratuit!
Lundi et mardi avec l’aide de Sanogo, un technicien du centre de santé d’Ansongo, nous avons fait des tests pour vérifier l’efficacité de la méthode. Photo dans son « labo » à Ansongo et puis de nos jolies bouteilles qui se font traiter au soleil.


Mercredi et jeudi Restitutions dans le cercle de Ménaka. Tir groupé avec tous les maires des communes. Je peux vous dire que c’est autre chose en fief touareg que dans les communes « songhaïs ». A Ménaka la présentation devient le prétexte à remettre en question chaque point d’eau. Beaucoup ne sont pas fonctionnels. Ca parle fort, ça coupe la parole, ça parle en Tamachek. Difficile d’être constructifs. Je m’en sors avec un gros mal de crâne.

Nuit tranquille à la belle étoile à l’antenne du PADH de Ménaka. Au réveil, je m’apercois que j’ai 3 énormes pustules sur mon petit corps…c’est l’œuvre d’un foufou (bon les agros c’est quoi son nom en français à cette sale bestiole ?) qui s’était glissé sous ma moustiquaire. Ca brûle un max, mais ça va je surviverais ;)


Pour la restitution à Anderamboukane, on fait le chemin jusque là-bas, à 2 pas de la frontière nigérienne plus à l’est. Ici, la frontière est floue… il y a des endroits où on ne sait pas très bien dans quel pays on est…
Les panneaux solaires de la mairie ne donnant pas assez d’intensité et puis après 1h d’essai avec un petit groupe électro, je finis par faire la présentation sur mon petit écran avec 30 paires d’yeux rivés dessus.
La conversation est plus posée et bien plus constructive qu’à Ménaka.

Après quelques morceaux de foie grillés dégustés en compagnie du maire, on reprend la route vers Ménaka. Le secrétaire général (ici, on dit ségal) nous accompagne. Discussion très intéressante, des origines du mot Anderamboukane à la disparition des lions de la région en passant par l’histoire de la bataille de 1919 entre les touaregs et l’armée française qui sonna le glas des nomades…

Là c’est le week-end et je me demande pourquoi il n’y a que 24h dans une journée ? Encore plein de boulot ! Jeudi et vendredi restitution à la Direction Régionale de l’Hydraulique et de l’Energie de Gao.
Jean arrive Vendredi à Gao, j’ai hâte de le voir dans mon univers malien ;), d’enfin pouvoir décompresser et faire la touriste !

lundi 17 septembre 2007

Gao en photos